La
lettre d'Altonum (semestrielle) est éditée par le Musée archéologique
du Pègue (26770)depuis 2002. Seuls les derniers numéros (décembre 2007
et juillet 2008) sont pour l'instant consultables sur le site du Musée: "http://musearcheolepegue.com".
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Le mot du
président
Le passage vers la nouvelle année est devenu notre second rendez-vous
annuel incontournable à travers notre modeste bulletin de liaison. Il
est le moyen de vous informer de la vie de la société et du
musée
au cours des six mois écoulés, c’est à dire pour l’heure, depuis notre
assemblée générale de l’été.
Commençons par
le bilan de la saison estivale : la municipalité, témoignant
une
fois de plus de sa volonté de soutenir au maximum le musée, a assuré le
salaire durant six mois d’une jeune guide, Estelle, dont la
gentillesse, le dévouement et la compétence ont fait
l’unanimité ;
cela nous a permis de maintenir l’ouverture du musée durant la totalité
de la saison, avec une fréquentation satisfaisante.
La rentrée (qui n’est désormais plus seulement scolaire) 2007 s’est
déroulée sous les meilleurs auspices. Les traditionnelles journées du
Patrimoine et de la Science ont connu un égal succès, avec pour cette
dernière une innovation prometteuse : la réalisation, toujours
avec l’aide de la municipalité, d’un chantier de fouilles
« artificiel » (ancien bac à sable !)
destiné aux
scolaires. Proposée à divers établissements de la région, cette
activité a rencontré plus que de l’intérêt auprès des jeunes mais aussi
de leurs éducateurs : il y a là, incontestablement, un créneau
à
exploiter, associé à un atelier de reconstitution de
céramiques ;
vos administrateurs et Joëlle s’y emploient activement.
Pour conclure, sachez que le musée a suscité ces derniers mois
l’intérêt de plusieurs personnalités universitaires ou
administratives qui sont venues lui rendre visite; cela
relance
l’idée de constituer un « Comité scientifique »
(évoqué à
nouveau lors de notre dernier CA) qui cautionnerait la valeur de notre
musée : toute proposition pour sa composition sera la
bienvenue.
Et c’est sur ce projet, de circonstance en cette période de vœux, que
le président vous adresse les siens au nom de ses collaborateurs
toujours aussi dévoués et efficaces.
Henri
Veyradier
« LE »
Pègue : un problème
d’article
Lors
de notre assemblée générale du 18 août dernier, Monsieur Neuve-Eglise
nous a demandé avec beaucoup de pertinence : depuis quand le
nom
de « Pègue » s’est-il vu précédé de
l’article ?
Essai
de réponse.
1/
Le point de vue du baron Adolphe de Coston : (
« Etymologies des noms de lieux du département de
la Drôme »,1872 ):
Le mot principal
« PÈGUE », écrit-il, emprunte à la même racine que
les noms
de « Pech » et autres dérivés de
« podium » .
Le nom bas latin de ce village, de 1165
à1495 au moins, commence par « o » ou
« u » qui
représente l’article défini « le », c'est-à-dire le
« o » grec et portugais, le « lo »
italien et
espagnol, les « ou, lou , lo »
provençaux.
Et
il conclut que « le nom de ce village était primitivement un
substantif », à savoir un nom commun ; Le Pègue
signifie
« le village sur la hauteur ». (J’ai trouvé, près de
Lussan,
(Gard), un hameau nommé « Le Puech »)
Rappelons que nos articles définis découlent des adjectifs
démonstratifs latins « ille » et
« illa », à partir
du VII°
siècle au moins, d’après Emile Littré .
On peut donc supposer l’évolution suivante : Opegue(1178), Lo
Pègue, Lou Pègue, Le Pègue.
Quelques
exemples d’autres noms de villages composés d’un nom commun
significatif du lieu, précédé de l’article défini masculin :
Le
Buis (dans le buis ou dans les bois), Le Teil (le tilleul), Le Pontet
(le petit pont), Le Lauzet (le petit lac). . . .
.
2/ Essai de
datation de l’apparition de cet article :
Vers
l’an 900, l’article « lo » est déjà utilisé (pour le
cas
régime, c'est-à-dire quand le substantif n’est pas le sujet du verbe).
Et « enl » est l’embryon de « en le». Termes
employés
dans « La Séquence de Sainte Eulalie »
(« Que
sais-je ?» n°
167)
A la fin du XIième siècle, dans « La Chanson de
Roland », nous trouvons :
« Blanche ad la barbe et tut flurit le
chef (la tête toute
fleurie)
« Vait s’apuier sur le pin a la
tige »
(va s’adosser au tronc du pin)
« Gesir porrum el burc de Saint
Denise »
(pourrons coucher au bourg de Saint Denis)(el =enl).
Au tout début du XIIième siècle, Le Gatt, quartier de Saint Donat
(Drôme), s’appelle « el Gasc» (el =le)
Au XIIIième, nous trouvons « lo plater »(Le Plantier,
quartier de Chatuzange, près de Romans, en 1238),
lou Plavers (Plovier, quartier de Valence, en 1247), lo Poy (le
Poët-Sigillat, dans les Baronnies, en
1250), el Fraysse, c'est-à-dire le Frêne hameau de Montjoyer, en 1269,
le Pontillard (quartier de
Chamaret en 1281), el Pontelard (le Pontillon, à Grignan, en
1295),- ces deux derniers signifiant
«le petit pont »- et, à la même époque, « le borc
Saint
–Marcel » (quartier de Die).
(« Dictionnaire topographique de la Drôme » par J.
Brun-Durand, 1891)
- Au XIVième, le
« conseigneur du Pegues »est peut-être une erreur de
copiste
(en 1374, archives de la
Cour des
Comptes de Grenoble)
Au XVième, Brun-Durand signale « le bourc du lieu de
Vaudromme » (Valdrome,en 1406), le Buis ou
Bois? (Buis les Baronnies, en 1447), le « territorium dou
Peyro » (le Pérou, à Mercurol, en 1459).
L’article défini contracté s’emploie de plus en plus. On peut même
supposer l’évolution : le lieu
d’Opegue
(d’Upegue), dou (du) Pegue, de Le Pègue.
- Au XVIième siècle,
Le Pègue se cache derrière une appellation avec un article
contracté :
En 1529,
au sujet de l’église « du Pegue » (archives
départementales).
En 1567, dans un acte notarié « fait et recite au
pegue ».
En 1599, enfin, on trouve « lesdits (habitants)
de Le Pegue » dans un procès-verbal des Commissaires du roi
(Archives nationales).
3/
Conclusion :
Faute
de pouvoir consulter d’autres documents, je ne puis qu’assurer que ce
« Le » est apparu . . . . . .entre le XIIIième°
siècle et
1599 !
Jean Hoermann.
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DRACHME
ALLOBROGE |

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Parmi toutes
les monnaies exposées au sein du musée, mon attention
s’est portée sur un superbe spécimen dont le style des motifs et
l’excellent état de conservation m’amènent à apporter quelques
précisions. Il s’agit d’un drachme en argent (poids théorique 2,3 à 2,4
g) attribuable aux Allobroges ( confédération de tribus
« gauloises »
installées dans les départements d’Isère, Savoie et Haute Savoie).
Au
droit, on peut admirer une tête d’Apollon lauré, tournée à gauche, au
style largement celtisé (ce qui se traduit par une nette stylisation
des formes ).Au revers, un cheval galopant vers la gauche, en
haut
relief, avec au dessus de lui un rameau.
Ce différent monétaire
permet de distinguer cette série qui s’inclut dans un ensemble d’autres
émissions. Cette monnaie fut frappée vers le début du
premier
siècle avant Jésus Christ et sa présence au Pègue, (en limite de
zone cavaro-voconce) vient confirmer un peu plus la forte
influence des
ethnies « celtiques » septentrionales alors
en conflit avec la
coalition romano-massaliète
Jean
Albert Chevillon
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