Le Pègue, juillet 2008                                                                                                     N°12

 
Le mot du président
  


    Les membres de la SPPHA ont pris l’habitude de recevoir deux fois par an le bulletin de liaison…et ils ont dû s’habituer en même temps au retard chronique qui l’accompagne… !  Retard dû à de multiples raisons : sa réalisation que vous devez essentiellement aux bénévoles de la société, la difficulté de trouver des rédacteurs : nous déplorons la défection pour ce numéro, pour des raisons de santé, de notre fidèle ami Jean Hoermann ; c’est l’occasion pour nous de lui souhaiter un prompt rétablissement et de le remercier pour ses articles (il nous a également autorisés à puiser sans limites dans ses articles anciens parus dans d’autres revues). C’est également l’occasion de lancer un appel à tous nos membres qui se sentiraient inspirés pour nous produire quelques lignes (souvenirs et anecdotes d’anciens fouilleurs, témoignages, commentaires d’une pièce du musée, informations concernant le site en général…)

    Les nouvelles pourtant ne manquent pas : à commencer par celle qui a jeté la consternation dans tout le village en ce début de vacances, la disparition brutale du tout récent maire de la commune. Dès son élection, des contacts avaient été naturellement noués entre lui et les dirigeants de la SPPHA, et ces contacts avaient été extrêmement positifs ; les projets étaient prometteurs et s’inscrivaient dans la continuité de ceux de son prédécesseur . Les administrateurs de notre société étaient venus nombreux à ses obsèques pour présenter à madame Bogard et à ses enfants les condoléances attristées de notre société.

    Pour preuve de l’engagement du disparu envers le musée, la reconduite par sa municipalité de l’emploi saisonnier qui assure ainsi une plus large ouverture du musée ; les critères de recrutement ayant changé, pour cette saison 2008, c’est Lionel qui  remplace Estelle et qui donne totale satisfaction par sa gentillesse et sa disponibilité.

    Si la fréquentation du musée est en léger progrès, et ses manifestations traditionnelles assurées, sa gestion a été quelque peu perturbée les premiers mois de cette année par l’absence prolongée de l’animatrice de COPATRIM pour un deuil qui l’a profondément affectée ; en outre, des projets de modifications dans l’organisation de COPATRIM inquiètent vos administrateurs qui ne manqueront pas de vous informer de l’évolution du dossier.

    Mais il y aussi des informations encourageantes : la collaboration de plus en plus effective et efficace de Jean-Albert Chevillon pour la section numismatique ; enfin, et je laisse à son initiateur, Frédéric Sergent, le plaisir de vous annoncer lui-même une nouvelle particulièrement prometteuse ; ce sera sur ces notes optimistes qui sont le ressort indispensable de vos administrateurs, que votre président vous souhaite à tous de bonnes vacances et vous fixe rendez-vous ce 23 août prochain pour notre assemblée générale annuelle.

                                                                                                                                                                                                   Henri Veyradier


                                                       Reprise d’une activité de recherche au Pègue

    C’est avec plaisir que j’ai l’honneur d’annoncer aux adhérents de la SPPHA et à tous les amateurs d’archéologie la reprise d’une activité de recherche sur Le Pègue. En effet, j’ai initié, à compter de cette année, le montage d’un programme qui associera des acteurs d’horizons différents : les Universités d’Aix en Provence et Lyon, des chercheurs locaux bien intégrés dans le monde scientifique et bien sûr la SPPHA.
      Ce projet de recherche va se dérouler sur 4 années. La première année du programme va être principalement  consacrée au dépouillement de la documentation et des archives de fouille (photos, dessins, textes…), celles-ci constituant la base du travail. Cela va permettre de faire le point sur les données et d’orienter les sujets de recherche et la manière de les mener.       La première étape, au mois de juillet  de cette année, a consisté à réaliser un relevé topographique des vestiges bâtis encore en place, cela a permis de replacer les vestiges sur les cartes topographiques et le cadastre, ce qui n’avait jamais été fait auparavant.Les trois autres années seront entièrement consacrées à traiter les sujets d’étude qui auront été retenus.
    Le présent projet est motivé par plusieurs éléments. Tout d'abord, la volonté de donner une suite à l’énorme travail entrepris par J.-J Hatt et Ch. Lagrand. La demande croissante d'informations par la communauté archéologique sur le site du Pègue nous a également poussé à engager ce projet. Nous sommes également tous conscients que le site présente un cruel déficit de publication  (analyses synthétiques, typologies céramiques, études environnementales, études fauniques, datations à recadrer par rapport aux connaissances actuelles…). Une grande majorité du mobilier, toutes périodes confondues, est encore inédite, celui qui a été publié nécessite de faire l'objet de recadrages chronologiques. La recherche archéologique sur la protohistoire dans l'ensemble de la vallée du Rhône a aujourd'hui besoin de ces informations et un site de cette importance ne peut pas être laissé à l’écart de cette recherche.
    Les potentialités du site sont énormes, aussi la difficulté résidera dans le choix et les limites des thèmes à aborder pour cette première reprise d’une activité de recherche sur le site de Saint-Marcel.
    L’objectif principal de ce travail est bien sur de pouvoir utiliser et replacer les données du Pègue dans les thématiques actuelles sur la protohistorique dans les contextes micro-régionaux et régionaux. Autrement dit, de faire le lien entre le Pègue et les autres sites de la même période.
    Nous avons là la possibilité de réhabiliter un grand site de la protohistoire et de lui redonner toute la place qu’il mérite en termes de référence pour cette période. L’oppidum du Pègue se situe à une charnière culturelle et géographique, entre le monde méditerranéen tourné vers la culture grecque et le monde celtique. La culture matérielle du site ainsi que les observations micro-régionales en témoignent fortement. En effet, le site de Crest – Bourbousson, issu des fouilles du TGV méditerranée et situé à environ 35 kilomètres plus au nord, a livré un faciès avec des caractères résolument septentrionaux tant au niveau des formes céramiques indigènes que des autres types de mobiliers.
    L’oppidum du Pègue est donc un maillon primordial dans la compréhension de l’évolution des sociétés protohistoriques dans la vallée du Rhône et des relations entre le monde méditerranéen et le monde celtique. Il nous apparaît par conséquent indispensable d’ouvrir ces informations à l’ensemble de la communauté archéologique.

                                                                            Fréderic Sergent   


                                                         RUBRIQUE NUMISMATIQUE



        Après avoir visité le musée, un numismate ardéchois, Mr N. GABERT, qui a été passionné par une des monnaies de notre médaillier ,nous a fait parvenir un travail méticuleux d’identification la concernant.
Le spécimen est un grand module de l’empereur Hadrien en bronze, qualifié à tort  d’AS jusqu’à ce jour. Or ce spécialiste du monnayage romain confirme qu’il s’agit bien d’un SESTERCE, émis postérieurement à 117 ap.J.C.
Le spécimen mesure 35 mm de diamètre pour un poids de 25 g. Il montre au droit, la tête laurée d’Hadrien, et au revers ROME assise à gauche, tenant une petite victoire avec derrière elle, un corne d’abondance. La légende COS III qui paraît la plus logique au revers correspond à la 3ième nomination de l’empereur au titre de CONSUL, et positionne la frappe plutôt vers la fin du règne (qui s’est terminé en 138 )
Avec sa belle patine et son grand module, ce type de monnaie était souvent appelé
« médaille » par les savants des siècles précédents.


                                                                                                                              Jean Albert Chevillon

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