Juillet  2009                                                                                                           N° 14
La lettre d'Altonum (semestrielle) est éditée par le Musée archéologique du Pègue (26770)depuis 2002. Seuls les derniers numéros (décembre 2007 ,juillet et décembre 2008, juillet 2009) sont pour l'instant consultables sur le site du Musée: "http://musearcheolepegue.com".
Le mot du Président

     La crise…

    Non il ne s’agit pas de la crise économique et sociale internationale, qui pour le moment n’a guère affecté le musée ; non, plus sérieusement, il s’agit de la crise que traverse actuellement le COPATRIM, qui lors de sa création nous donnait globalement satisfaction.

    Nous rappelons brièvement les faits : pour que notre musée continue à recevoir sa subvention annuelle, le Conseil Général nous a fortement incités à nous fédérer avec deux autres musées géographiquement proches (Musée archéo de Nyons et Musée de la Soie de Taulignan) ; les subventions perçues par chacun de ces musées, mises en commun dans une structure nouvelle, COPATRIM, devaient permettre de recruter un salarié qui se partageait en temps égal (1/4) entre activités COPATRIM et chacun des trois musées qui pouvait de façon relativement souple lui fixer les tâches dont il avait spécifiquement besoin.

    Or, en cours de contrat (fin 2008-début 2009), le Conseil Général s’est ravisé, en présentant une  nouvelle convention beaucoup plus restrictive dans le sens où l’animatrice devait se consacrer exclusivement à la promotion (ce qu’elle était déjà censée faire dans le ¼ de son temps dévolu à COPATRIM). Si la SPPHA avait refusé alors de signer cette nouvelle convention, c’était la fin prématurée de COPATRIM ; aussi, dans un souci d’apaisement, les membres de notre CA, sous la conduite de leur président, ont entrepris diverses démarches (Conseil Général, musées partenaires, élus des 3 communes et Conseillers Généraux des 2 cantons…) ; devant l’intransigeance de tous nos interlocuteurs un CA extraordinaire de la SPPHA a été réuni. Toujours dans le même souci de compromis, il s’est prononcé pour l’adoption de la nouvelle convention, pour une période probatoire, jusqu’à la fin de l’année 2009, date à laquelle la SPPHA prendra une décision définitive ; un CA prévu à l’automne devrait faire un bilan de l’application de la nouvelle formule et se prononcer sur notre décision finale.

    Que retenir de cette péripétie ? Beaucoup de désillusions sur un projet auquel nous avions adhéré sans réserve, mais dans le cadre qui avait été initialement défini ; la souplesse qu’il présentait ne nuisait en rien à nos autres partenaires qui pouvaient confier à l’animatrice uniquement de la promotion si cela correspondait à leurs besoins ; pour nous les besoins étaient tout autres : soulager les bénévoles dans leurs tâches multiples (secrétariat, gestion, visites : formes variées, en fait, de promotion…) ; nous sommes bien conscients que d’une part, quelle que soit la promotion, elle ne permettra pas de doubler nos entrées, et que d’autre part, si par bonheur cela devrait être le cas, nous n’aurions pas alors le personnel (ni salarié, ni bénévole) pour accueillir cet afflux de visiteurs…

    Résultat concret : perte de temps et d’énergie pour tous (j’aurais préféré passer mon temps à rédiger un texte plus gratifiant pour le musée et vous parler de la poursuite des recherches sur le site, des acquisitions, des manifestations auxquelles nous nous associons, des projets…) ; perte de temps (on ne compte pas les réunions et entretiens) et lassitude : nous déplorons notamment la mise en retrait volontaire d’un membre de notre CA et qui compte parmi les plus actifs ; il a voulu manifester ainsi son désaccord dans la reconduite provisoire du COPATRIM. En définitive, nous nous retrouvons ainsi avec un bénévole en moins et une animatrice à qui nous ne pouvons désormais confier que des tâches qui ne nous semblent pas prioritaires…

    Désolé  d’avoir été aussi long, mais il fallait que les adhérents soient au courant de cette situation afin que nous puissions en débattre ouvertement lors de notre AG annuelle ; si des ennuis de santé ne m’en avaient empêché, j’aurais exposé les prémices de cette situation lors de l’AG 2008.

    Malgré cela, passez un bon été, et venez nombreux participer à notre AG 2009.

                                                                                                                                                                    H. Veyradier







           
                                                                                       P.C.R....suite


          Comme nous vous l’avons annoncé dans la lettre d’Altonum n° 12, un projet de recherche a été mis en place l’année dernière pour étudier les mobiliers inédits du Pègue ou reprendre des  sujets sur lesquels la recherche à bien avancé ces quinze dernières années.

          Je tiens d’abord à remercier la municipalité du Pègue qui a bien voulu nous rendre accessible le dépôt de l’ancien presbytère afin de créer un lieu de travail pour les chercheurs. Je remercie également la SPPHA et ses bénévoles pour leur soutien technique et la charge de travail supplémentaire que représente la gestion d’un tel projet.Ce petit mot a pour but de tenir les adhérents de la SPPHA et les amateurs d’archéologie de l’avancée des travaux.

          L’année 2008 a été consacrée à la mise en place du projet, les résultats obtenus ont été plus modestes que ce qui était escompté mais nous avançons. Hormis le levé topographique qui a été réalisé en juillet (voir la Lettre d’Altonum n° 12), un certain nombre d’études ont débuté.

          Michèle Bois (docteur en archéologie) a entrepris de dépouiller les archives et textes ayant trait à l’histoire médiévale du Pègue afin de les confronter au mobilier archéologique concernant cette période.
          Le mobilier en verre, malheureusement peu conséquent, qui comprend des éléments des périodes protohistorique et gallo-romaine, a été étudié par Janick Ode (docteur en archéologie).
          L’étude des monnaies du Pègue, réalisée par Jean-Albert Chevillon (numismate), a été amorcée à l’automne dernier et terminée durant l’hiver 2009.
          Les mobiliers céramiques de l’époque gallo-romaine ont été pris en charge par Yannick Teyssoneyre (doctorant) qui a réalisé un gros travail de dessin et d’identification des mobiliers.
          Laurence Benquet (docteur en archéologie) a entrepris cette année l’étude des mobiliers amphoriques et des importations italiques de type campanien du second âge du Fer.
          D’autres études sont en cours, comme le réexamen des stèles et de la porte par Dominique Garcia (Professeur à L’Université de Provence).
          Les résultats obtenus ne peuvent être présentés pour le moment car pris séparément ils n’auraient pas beaucoup de signification. En effet, c’est la confrontation et la synthèse des études qui permettront d’apporter une vision nouvelle sur les chronologies et les formes d’occupation du site. Cette synthèse se fera à la fin du projet, soit vers la fin 2011 ou en 2012.
          D’ici là, d’autres études vont venir s’ajouter aux précédentes : l’analyse des mobiliers céramiques de la fin de l’âge du Bronze et du début de l’âge du Fer, l’étude de amphores de Marseille, la faune, une synthèse sur l’occupation protohistorique du sud de la Drôme…
          La motivation des participants à ce projet nous permettra de redonner au site du Pègue la place qu’il mérite au sein des grands sites protohistoriques.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    Frédéric Sergent


                                                                                                                                                                     



QUELQUES REFLEXIONS (d’actualité certes, mais datant du XIXème siècle)                                                          
  Extrait de L’ARRONDISSEMENT DE MONTÉLIMAR   Géographie-Histoire-Statistique 
  par A. LACROIX,  archiviste départemental, (page 392, Tome VI   année 1882)
      "Quelles ressources offriraient cependant des musées
 communaux, sous la surveillance des instituteurs, où
seraient conservées et classées les antiquités de chaque
 village! Quel nombre de visiteurs recevraient  chaque année
 les villages comme Le Pègue et Montbrison, où seraient
réunis tous les objets antiques de leur territoire!     

      Mais au lieu de s’attacher à la conservation des épaves du
 passé, médailles, documents et objets d’art, on les brise,
on les vend à vil prix, on les perd et l’on s’étonne après cela
del’ignorance publique !     
                                                                                                                                Il reste beaucoup à faire pour réparer le temps et les antiques perdus ! "


 
                 Si ces réflexions avaient été entendues à l’époque, que de trésors supplémentaires  orneraient maintenant les vitrines du musée !