Lettre d'information semestrielle de la Socièté Péguoise de Préhistoire, d'Histoire et d'Archéologie (SPPHA)
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Le Pègue, janvier 2010                                                                                                     N°15
La Lettre d'Altonum , éditée depuis 2002, s'adresse en priorité aux amis du Musée, membres de la SPPHA.  Seul les numéros les plus récents (15 à 11)sont présentés sur le site.
   
Le mot du président
 
 L’année 2009 s’achève dans la morosité, 2010 ne peut qu’être porteuse d’espoir. Au nom de tous les administrateurs, je voudrais vous présenter mes meilleurs vœux en particulier pour ceux, et parmi nos plus fidèles, qui ont connu ces derniers jours des problèmes de santé.

 L’année 2010 commence avec la dissolution de COPATRIM, pour des raisons que nous n’avons pas à commenter ici, mais suite peut-être logique des premiers craquements que nous avions évoqués dans le dernier bulletin. Conséquence directe, le musée ne pourra plus compter désormais que sur les seuls bénévoles de la SPPHA (nouvel appel est lancé aux bonnes volontés) ; heureusement, nous bénéficions d’un soutien sans faille à tous les niveaux de la municipalité : cette année encore elle a financé l’emploi saisonnier (nous avons eu la joie de retrouver Estelle, toujours aussi dévouée), et la mairie nous a promis de rééditer dans les mêmes conditions en 2010. Un grand merci à l’équipe municipale pour laquelle cela représente un gros effort. Cela n’a pourtant pas permis d’enrayer une baisse significative de la fréquentation, due en partie aux ultimes dispositions de COPATRIM.

Dans le lot des mauvaises nouvelles, nous avons appris avec tristesse le décès de Madame Hatt, dont le mari a tant œuvré pour le site comme responsable du chantier de fouille ; nous avons également appris le décès de Madame Chauvin qui avait évoqué avec émotion dans un dernier bulletin le souvenir de son père au Pègue.

    2010 ne pourra donc qu’être meilleure… 

Pour commencer, trois dons d’un montant total de 250 euros viendront en partie soulager des finances qui en ont bien besoin, compte tenu des frais que nous allons devoir engager au niveau de l’installation électrique. Un grand merci à ces généreux soutiens. L’année verra également la poursuite des travaux de recherche entrepris sous la direction de Frédéric Sergent ; mais 2010 devrait être aussi l’année d’une exceptionnelle exposition, « Archéopub » qui nous sera confiée par le Musée de Strasbourg dont la conservatrice est une ancienne de l’équipe de fouille du site auquel elle témoigne ainsi son attachement. C’est Jean-Philippe Goujon, administrateur et lui aussi ancien fouilleur qui est à l’initiative du projet et qui en assure le suivi : que sa réussite soit l’expression d’un nouveau souffle pour notre musée. 

Henri Veyradier



 HISTORIQUE DE L’ACHAT DU BÂTIMENT DE L’OUSTAU ET DU MUSÉE.

                         

Dans les années 1950, Monsieur  André Chauvin, industriel à Paris, originaire du Pègue se rendait acquéreur des bâtiments de  l’« Oustau ».  A cette époque, dans  l’agglomération péguoise  se trouvaient beaucoup de petites exploitations agricoles avec leurs bâtiments, remises, étables, greniers à foin etc. . .    Bêtes et gens coexistaient dans les rues du village sans grand problème. Certains possédaient leur petit troupeau de chèvres ou de moutons, d’autres élevaient porcs, lapins ou poules. Ce n’était pas encore la société de consommation !
Un de ces bâtiments agricoles était celui  de l’ « Oustau ». Monsieur André Chauvin  l’acheta à Monsieur Chaix Martial qui habitait dans l’actuelle maison de Serge et Élisabeth Weigert. Lui même l’avait acquis de la famille Cuilleras, vieille famille du Pègue.

Une fois devenu  propriétaire, Monsieur Chauvin a fait effectuer de gros travaux : deux salles ont été crées, l’une au rez-de-chaussée, l’autre à l’étage. L’ensemble fut « mis à la disposition de habitants du Pègue » par la famille Chauvin. La salle du bas fut reconvertie en salle d’animation et celle du haut devint le musée du Pègue, permettant enfin le regroupement de la collection jusque là un peu dispersée. L’ensemble du bâtiment fut loué à l’association « Le Pègue et ses amis », les collections du musée étant gérées par la société d’archéologie sous la présidence de  Charles Lagrand, archéologue, créateur du musée , qui a  aimé notre village et en a été a adopté. Nous lui devons beaucoup. La salle du bas a rendu de grands services et fait les beaux jours du Théâtre du Marronnier et des associations.

Élu maire en 1989, succédant à la municipalité de René Bérard qui avait aussi beaucoup œuvré pour le musée, j’ai toujours pensé qu‘il faudrait que la commune devienne propriétaire de l’ensemble du bâtiment. Réélu en 1995, j’ai appris par la « rumeur publique » que les propriétaires voulaient vendre. J’ai donc pris contact et il m’a été répondu que la vente était impossible puisqu’un bail était en cours avec une association.
En 1997, la commune fut informée par document officiel qu’était en cours la vente à une société des 4/8 du bâtiment. La commune ayant un droit de préemption, le conseil municipal à l’unanimité fit valoir ce droit et préempta .Le 23/12/1997, les propriétaires retirèrent l’ensemble de la vente.
En 1999, le notaire des vendeurs demanda au conseil municipal de faire une offre. La somme de 250 000 francs fut proposée. Des contacts furent pris avec le Conseil Général et la Conservation du Patrimoine. L’achat immédiat pouvait être envisagé  compte tenu des subventions possibles, des fonds libres de la commune et d’un petit emprunt.

Ce n’est que quelques jours après les élections de 2001, avant l’élection du nouveau maire qu’un courrier nous confirma l’accord des propriétaires sur les chiffres proposés. La municipalité de Jacques Goujon put donc concrétiser cet achat, après estimation des Domaines.
Le coût de l’opération s’élevait  à 42 685,72 euros  (38 112, 25 euros  +   4 572,17  euros de frais)
Elle fut financée par subventions : (Conseil Général 11 433,68 euros,  Région  15 244,90 euros)                       ,                                       .                          
part communale : 7 165,10 euros                                                                                                                                           .                    
et   dons : 8 842,04 euros(souscription lancée par la municipalité nouvelle et notre association SPPHA)

Après six ans d’attente et d’espoir, cet achat permettait à la commune d’être propriétaire d’une salle d’animation et d’une salle accueillant la collection archéologique, propriété communale après la donation de Madame Murgier, propriétaire des terrains des fouilles.
Aujourd’hui, la Société d’Archéologie, le président Veyradier et quelques bénévoles, pleins de bonne volonté s’efforcent de faire fonctionner le musée, avec une aide de la mairie. Ce n’est pas simple : les volontaires  venant en renfort seront toujours les bienvenus. Le maire et les conseillers municipaux (s’ils existent encore) dans les années à venir devront se battre comme l’ont fait leurs prédécesseurs pour conserver chez nous le patrimoine que nous ont légué nos ancêtres. Les menaces sont réelles. Les archéologues nous ont permis de dévoiler un peu de 6000 ans de l’histoire de notre village. Il y a eu sur la colline St Marcel des périodes fastes et des drames attestés par deux incendies. Nos racines sont là.
Sur cette colline se sont rencontrés Ligures, Celtes, Gaulois, Grecs, Romains, et d’autres certainement :brassage de populations s’il en est. Aujourd’hui, nous sommes tous Français . . .      Peut-être  y a-t-il  là lieu à réflexion!                                                                   
  .                                                                                           
                                                                Michel Piallat, maire du Pègue de 1989 à 2001 
             


        
 LE GRAND BRONZE DE MARSEILLE AU TAUREAU TROUVÉ AU PEGUE 
                                        .                                                                                                                                                                                                             .
C’est vers le milieu du IIIe siècle av. J.-C. que Marseille inaugure ses premières émissions de bronzes. Un ensemble initial se structure autour d’un grand bronze « au taureau » d’un poids proche de 15 g et ses divisionnaires. Sur le droit figure systématiquement une tête d’Apollon à gauche avec une couronne de laurier bien apparente. Au revers un taureau cornupète chargeant, la patte avant droite pliée. Le motif est positionné sur une ligne de terre avec à l’exergue l’ethnique en général complète : MAΣΣAΛIHTΩN. Suivent, chronologiquement, trois  « réductions » pondérales pour ce type qui sera remplacé aux alentours de 200 par le bronze au trépied dont un pourcentage conséquent d’exemplaires fut refrappé sur les grands bronzes au taureau de la dernière réduction. Les diverses émissions de grands bronzes se singularisent entre elles par la présence ou non à l’arrière de la tête d’Apollon et au dessus du taureau de divers symboles.

Un unique grand bronze au taureau fut découvert au Pègue. On peut le décrire ainsi :                                .  .                  
                                             poids : 6,3 g;    module 20-20,6 mm;    références : LP37, S7/B1/99, 1968. 
Le poids relativement léger  amène à l’insérer dans les ensembles GBM-15 ou GBM-22 du récent ouvrage de classification de M. Py (Lattara 19)

La présence d’une corne d’abondance derrière la tête d’Apollon est bien visible, par contre il n’est pas possible d’identifier le symbole du revers.

La présence au droit de la corne d’abondance permet de réduire aux types GBM-15-4, GBM-22-4a ou 4b, GBM-22-5a ou 5b, l’attribution du grand bronze du Pègue.                                 
                                                                                                                               
On peut ainsi dater son émission  du 3e tiers du IIIe s. av J.C.   
                                                                                                                                                                                                       J.-A Chevillon