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Le mot du
président
L’année
2009 s’achève dans la morosité, 2010 ne peut qu’être porteuse d’espoir.
Au nom de tous les administrateurs, je voudrais vous présenter mes
meilleurs vœux en particulier pour ceux, et parmi nos plus fidèles, qui
ont connu ces derniers jours des problèmes de santé.
L’année
2010 commence avec la dissolution de COPATRIM, pour des raisons que
nous n’avons pas à commenter ici, mais suite peut-être logique des
premiers craquements que nous avions évoqués dans le dernier bulletin.
Conséquence directe, le musée ne pourra plus compter désormais que sur
les seuls bénévoles de la SPPHA (nouvel appel est lancé aux bonnes
volontés) ; heureusement, nous bénéficions d’un soutien sans
faille à tous les niveaux de la municipalité : cette année encore
elle a financé l’emploi saisonnier (nous avons eu la joie de retrouver
Estelle, toujours aussi dévouée), et la mairie nous a promis de
rééditer dans les mêmes conditions en 2010. Un grand merci à l’équipe
municipale pour laquelle cela représente un gros effort. Cela n’a
pourtant pas permis d’enrayer une baisse significative de la
fréquentation, due en partie aux ultimes dispositions de COPATRIM.
Dans
le lot des mauvaises nouvelles, nous avons appris avec tristesse le
décès de Madame Hatt, dont le mari a tant œuvré pour le site comme
responsable du chantier de fouille ; nous avons également appris
le décès de Madame Chauvin qui avait évoqué avec émotion dans un
dernier bulletin le souvenir de son père au Pègue.
2010 ne pourra donc qu’être meilleure…
Pour
commencer, trois dons d’un montant total de 250 euros viendront en
partie soulager des finances qui en ont bien besoin, compte tenu des
frais que nous allons devoir engager au niveau de l’installation
électrique. Un grand merci à ces généreux soutiens. L’année verra
également la poursuite des travaux de recherche entrepris sous la
direction de Frédéric Sergent ; mais 2010 devrait être aussi
l’année d’une exceptionnelle exposition, « Archéopub » qui
nous sera confiée par le Musée de Strasbourg dont la conservatrice est
une ancienne de l’équipe de fouille du site auquel elle témoigne ainsi
son attachement. C’est Jean-Philippe Goujon, administrateur et lui
aussi ancien fouilleur qui est à l’initiative du projet et qui en
assure le suivi : que sa réussite soit l’expression d’un nouveau
souffle pour notre musée.
Henri
Veyradier
HISTORIQUE DE L’ACHAT DU BÂTIMENT DE L’OUSTAU ET DU MUSÉE.
Dans les années 1950, Monsieur André Chauvin, industriel
à Paris, originaire du Pègue se rendait acquéreur des bâtiments
de l’« Oustau ». A cette époque, dans
l’agglomération péguoise se trouvaient beaucoup de petites
exploitations agricoles avec leurs bâtiments, remises, étables,
greniers à foin etc. . . Bêtes et gens coexistaient
dans les rues du village sans grand problème. Certains possédaient leur
petit troupeau de chèvres ou de moutons, d’autres élevaient porcs,
lapins ou poules. Ce n’était pas encore la société de
consommation ! Un de ces bâtiments agricoles était celui
de l’ « Oustau ». Monsieur André Chauvin l’acheta à
Monsieur Chaix Martial qui habitait dans l’actuelle maison de Serge et
Élisabeth Weigert. Lui même l’avait acquis de la famille Cuilleras,
vieille famille du Pègue.
Une fois devenu propriétaire,
Monsieur Chauvin a fait effectuer de gros travaux : deux salles
ont été crées, l’une au rez-de-chaussée, l’autre à l’étage. L’ensemble
fut « mis à la disposition de habitants du Pègue » par la
famille Chauvin. La salle du bas fut reconvertie en salle d’animation
et celle du haut devint le musée du Pègue, permettant enfin le
regroupement de la collection jusque là un peu dispersée. L’ensemble du
bâtiment fut loué à l’association « Le Pègue et ses
amis », les collections du musée étant gérées par la société
d’archéologie sous la présidence de Charles Lagrand, archéologue,
créateur du musée , qui a aimé notre village et en a été a
adopté. Nous lui devons beaucoup. La salle du bas a rendu de grands
services et fait les beaux jours du Théâtre du Marronnier et des
associations.
Élu maire en 1989, succédant à la municipalité de
René Bérard qui avait aussi beaucoup œuvré pour le musée, j’ai toujours
pensé qu‘il faudrait que la commune devienne propriétaire de l’ensemble
du bâtiment. Réélu en 1995, j’ai appris par la « rumeur
publique » que les propriétaires voulaient vendre. J’ai donc pris
contact et il m’a été répondu que la vente était impossible puisqu’un
bail était en cours avec une association. En 1997, la commune fut
informée par document officiel qu’était en cours la vente à une société
des 4/8 du bâtiment. La commune ayant un droit de préemption, le
conseil municipal à l’unanimité fit valoir ce droit et préempta .Le
23/12/1997, les propriétaires retirèrent l’ensemble de la vente. En
1999, le notaire des vendeurs demanda au conseil municipal de faire une
offre. La somme de 250 000 francs fut proposée. Des contacts furent
pris avec le Conseil Général et la Conservation du Patrimoine. L’achat
immédiat pouvait être envisagé compte tenu des subventions
possibles, des fonds libres de la commune et d’un petit emprunt.
Ce
n’est que quelques jours après les élections de 2001, avant l’élection
du nouveau maire qu’un courrier nous confirma l’accord des
propriétaires sur les chiffres proposés. La municipalité de Jacques
Goujon put donc concrétiser cet achat, après estimation des Domaines. Le
coût de l’opération s’élevait à 42 685,72 euros (38 112, 25
euros + 4 572,17 euros de frais) Elle
fut
financée par subventions :
(Conseil Général 11 433,68
euros, Région 15 244,90
euros)
,
.
part communale : 7
165,10
euros
.
et dons : 8 842,04 euros(souscription lancée par la
municipalité nouvelle et notre association SPPHA)
Après six ans
d’attente et d’espoir, cet achat permettait à la commune d’être
propriétaire d’une salle d’animation et d’une salle accueillant la
collection archéologique, propriété communale après la donation de
Madame Murgier, propriétaire des terrains des fouilles. Aujourd’hui,
la Société d’Archéologie, le président Veyradier et quelques bénévoles,
pleins de bonne volonté s’efforcent de faire fonctionner le musée, avec
une aide de la mairie. Ce n’est pas simple : les volontaires
venant en renfort seront toujours les bienvenus. Le maire et les
conseillers municipaux (s’ils existent encore) dans les années à venir
devront se battre comme l’ont fait leurs prédécesseurs pour conserver
chez nous le patrimoine que nous ont légué nos ancêtres. Les menaces
sont réelles. Les archéologues nous ont permis de dévoiler un peu de
6000 ans de l’histoire de notre village. Il y a eu sur la colline St
Marcel des périodes fastes et des drames attestés par deux incendies.
Nos racines sont là. Sur
cette colline se sont rencontrés Ligures,
Celtes, Gaulois, Grecs, Romains, et d’autres
certainement :brassage de populations s’il en est. Aujourd’hui,
nous sommes tous Français . . .
Peut-être y a-t-il là lieu à réflexion!
.
Michel Piallat, maire du Pègue de 1989 à 2001
LE GRAND BRONZE DE MARSEILLE AU TAUREAU TROUVÉ AU PEGUE
.
. C’est vers le milieu du IIIe siècle av. J.-C. que Marseille
inaugure ses premières émissions de bronzes. Un ensemble initial se
structure autour d’un grand bronze « au taureau » d’un poids
proche de 15 g et ses divisionnaires. Sur le droit figure
systématiquement une tête d’Apollon à gauche avec une couronne de
laurier bien apparente. Au revers un taureau cornupète chargeant, la
patte avant droite pliée. Le motif est positionné sur une ligne de
terre avec à l’exergue l’ethnique en général complète : MAΣΣAΛIHTΩN.
Suivent, chronologiquement, trois « réductions »
pondérales pour ce type qui sera remplacé aux alentours de 200 par le
bronze au trépied dont un pourcentage conséquent d’exemplaires fut
refrappé sur les grands bronzes au taureau de la dernière réduction.
Les diverses émissions de grands bronzes se singularisent entre elles
par la présence ou non à l’arrière de la tête d’Apollon et au dessus du
taureau de divers symboles.
Un
unique grand bronze au taureau
fut découvert au Pègue. On peut le décrire
ainsi :
.
.
poids : 6,3 g; module
20-20,6 mm; références : LP37, S7/B1/99,
1968. Le poids relativement léger amène à l’insérer dans les
ensembles GBM-15 ou GBM-22 du récent ouvrage de classification de M. Py (Lattara 19)
La présence d’une corne d’abondance derrière la tête
d’Apollon est bien visible, par contre il n’est pas possible
d’identifier le symbole du revers.
La
présence au droit de la
corne d’abondance permet de réduire aux types GBM-15-4, GBM-22-4a ou
4b, GBM-22-5a ou 5b, l’attribution du grand bronze du
Pègue.
On peut ainsi dater son émission du 3e tiers du IIIe s. av
J.C.
J.-A Chevillon
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