Juillet 2011                              En préparation                                                                                                     N°18
La lettre d'Altonum (semestrielle) est éditée par le Musée archéologique du Pègue (26770) depuis 2002. Seuls les plus récents numéros (décembre 2007 à
décembre 2010 ) sont pourl'instant consultables sur le site du Musée:
"http://musearcheolepegue.com". Contact:  "museedupegue@yahoo.fr"                     

LE MOT DU PRÉSIDENT. 
 Mission accomplie…
Après plus de 10 années passées à la tête de l’association, je vous annonce que je ne solliciterai pas le renouvellement de mon mandat de président lors du Conseil d’Administration qui suivra la prochaine assemblée générale. Il faut savoir ne pas durer au delà du raisonnable : dans certains pays où les chefs d’état ont une responsabilité autre que l’administration d’une modeste société, la durée et le nombre de mandats successifs sont limités de façon impérative. C’est un sage principe…
Au moment de passer le relais je voudrais remercier toutes les personnes devenues pour la plupart des amis qui m’ont secondé avec fidélité et abnégation dans cette tâche : les membres du conseil d’administration, présents pour certains, plus que moi, au quotidien du musée ; ils constituent une équipe soudée et efficace, j’espère que vous leur accorderez la même confiance que celle que vous m’avez témoignée (vos procurations nombreuses seront pour eux un encouragement) ; sans leur bénévolat illimité, le musée ne peut fonctionner. Je voudrais rendre également hommage aux quatre maires de la commune avec qui j’ai eu plaisir à collaborer et avec lesquels j’ai entretenu, sans exception, les rapports les plus constructifs et les plus chaleureux. Ils ont tous soutenu sans réserve le musée, notre action, nos projets.
C’est parce que toutes ces personnes m’ont aidé dans la gestion de l’association, que je peux sans fausse modestie esquisser un bilan positif de ces années passées à la tête de la SPPHA : l’acquisition des locaux du musée par la mairie, acquisition à laquelle nous avons contribué par le lancement d’une souscription, l’amélioration, l’entretien et la gestion de ces locaux ; l’arrivée dans notre association, et dans son CA, de membres compétents et efficaces ; la publication deux fois par an de ce bulletin de liaison, semble-t-il apprécié ;  l’enrichissement du musée par l’arrivée de nouvelles pièces (même si je déplore le départ récent de certaines qui avaient été laissées en dépôt) ; la mise en place de fouilles pédagogiques qui motivent chaque année plusieurs dizaines d’élèves ; l’organisation de manifestations et d’expositions temporaires dont celle de cet été, et la participation à d’autres dans divers musées, ce qui a contribué à davantage faire connaître le nôtre…
Certes « peut mieux faire », expression que je n’ai jamais voulu employer dans ma carrière d’enseignant, mais « peut moins faire également » ; nous avons assuré l’essentiel : l’ouverture régulière du musée (emplois mairie, bénévoles…), le maintien au Pègue des collections convoitées… c’est ce que certains pourront critiquer comme ayant été une gestion de routine et prudente « en bon père de famille ». Est-ce nécessairement un défaut ? Je laisse une situation dont je n’ai pas à rougir.
Avant de conclure, je voudrais avoir une pensée pour Charley, que je n’ai connu que sur le tard, mais que j’ai su apprécier et auquel je n’ai pas pu refuser la mission de lui succéder qu’il m’a confiée avec insistance, alors que je n’étais ni archéologue, ni péguois (il devait avoir ses raisons) : j’espère ne pas avoir déçu sa confiance et su globalement suivre ses recommandations ; que mes successeurs restent fidèles à ses principes et ses valeurs comme je me suis efforcé de l’être, et ce sera déjà beaucoup.
                                                                                                                                                 Henri Veyradier                                                                                                                                                       

                                              ALTONUM ET LE PAGUS ALETANUS                                                                                                

L’exposition prévue sur le Pègue gallo-romain est en place au Musée Archéologique depuis  fin juin, et restera
ouverte au public jusqu’à fin septembre.
Dix grands panneaux rappellent et illustrent: le contexte chronologique, les hypothèses et arguments en faveur du
nom du vicus et de l’étendue de son pagus, les vestiges toujours visibles au Pègue et dans les villages environnants,
les résultats des fouilles  anciennes (la grande mosaïque) ou plus récentes (près de la chapelle Sainte-Anne en 1959,
diagnostics d’archéologie préventive dans les quartiers Sainte-Anne et de La Prade en 2002 et 2003).
Une centaine d’objets ou monnaies issus de collections privées et des musées environnants enrichissent
considérablement les collections propres du Pègue et permettent d’offrir au public un panorama très évocateur de
cette période où notre village semblait avoir une importance locale non négligeable.
Un grand merci à tous ceux qui ont bien voulu aider  la SPPHA dans cette entreprise. Nous espérons des visiteurs
nombreux : un cahier leur est réservé pour qu’ils expriment critiques et compléments d’information.                                                                                                

Vieilles Noix...
Au sein de l’exposition « Le Pègue gallo-romain et son canton », au milieu de céramiques, verreries, statuettes et autres autels, on peut remarquer une poignée de petites noix. Elles ont été découvertes à un mètre cinquante sous terre, sur une propriété agricole de Rousset les Vignes,  à 1Km 500 de l’entrée du Pègue, donc sur le territoire d’Altonum. Elles séjournaient  dans un milieu très humide, une boue liquide stagnant dans ce qui semblait être les restes d’une canalisation de l’époque gallo-romaine.   Ces noix étaient  mêlées aux débris d’un récipient de céramique sigillée aux décorations très érodées , suite sans doute à la durée de leur séjour  dans cet environnement. Tout porte à croire que l’ ensemble se trouvait là depuis environ 2000 ans.
 La boue déposée sur les noix a été nettoyée manuellement avec le maximum de délicatesse. Sur les coquilles on peut observer un dépôt blanchâtre  Certaines d’entre elles, partiellement brisées laissent apercevoir à l’intérieur un contenu  compact, de couleur blanche et de surface régulière, sans aspérités, épousant la forme de la coquille ;
Le bois se conserve  très longtemps sous l’eau, comme le montrent les bateaux gallo-romains découverts à Arles ou à Lyon . Mais on sait qu’il se décompose très rapidement une fois exposé à l’air ; Il paraît donc étonnant que ces coquilles de noix, conservées au sec depuis leur découverte (il y a environ 40 ans) n’aient pas  subi d’altération visible. Le dépôt (vraisemblablement argileux) qui les imprègne a-t-il pu  protéger ces coquilles ou  leur servir de support évitant leur délitement ? La question reste posée.

                                                                                                                                                                                                                                      Michel Petot

LE PEGUE :
UNE OBOLE DE HAUTE EPOQUE A LA TETE JUVENILE CORNUE ET A LA  ROUE AVEC M

Parmi les plus anciennes frappes découvertes au cours des fouilles officielles du site de hauteur, il est intéressant de s’attarder sur une superbe obole de Marseille dont les spécificités permettent de la dater du début
du IVe siècle avant J.-C.  
         
                                                                                      

On peut la décrire ainsi : à l’avers, tête juvénile à droite avec une chevelure bouclée et une petite corne pointant sur le front. Au revers, une roue à quatre rayons avec un M dans l’un des cantons. Jante et rayons fins. Moyeu central bien visible. Gravure de bon style. Poids : 0,55 g, 9,2-9,4 mm, (LP pas de réf.). Cette émission s’insère dans la période qui suit de peu la création de ce motif qui va perdurer et se « figer » pendant trois siècles et demi.
On considère que les premières séries d’oboles à la tête juvénile de style classique apparaissent après 410. Elles se développent rapidement à la charnière entre les deux siècles par une suite de séries dotées au droit d’une légende longue (MAΣΣAΛIΩTAN) qui se restreint avec (MAΣΣAΛIΩ, MAΣΣAΛI, MAΣΣAΛ) pour disparaître rapidement. À cette époque, les têtes sont systématiquement tournées vers la droite. Sur la roue de revers, seule la lettre M apparaît dans un des cantons. C’est vers 390/380 que nous plaçons le groupe qui suit auquel appartient l’exemplaire du Pègue avec sa tête juvénile sans légende et sa roue avec un M au revers. Ensuite seront frappées les premières séries avec le MA qui serdéfinitivementmaintenu. Le retournement de la tête vers la gauche se fait vers le milieu du IVe s.



                                                                                                                                      Jean-Albert Chevillon